LE MAG'JURIDIQUE
Comment contribuer?

Logement familial : un époux peut-il vendre seul le domicile conjugal ?

Publié le : 09/09/2026 09 septembre sept. 09 2026

Le logement de la famille bénéficie d'une protection particulière en droit français. Afin de préserver le cadre de vie du couple, l'article 215, alinéa 3 du Code civil interdit à un époux de disposer seul des droits assurant le logement familial ou des meubles qui le garnissent. Cette règle, applicable quel que soit le régime matrimonial, limite les pouvoirs du propriétaire lorsqu'il est marié et peut entraîner la nullité de l'acte réalisé sans l'accord du conjoint.
 

Une protection renforcée du logement familial


L'article 215, alinéa 3 du Code civil s'applique dès lors que le bien concerné constitue la résidence principale de la famille. Peu importe que le logement appartienne exclusivement à l'un des époux, qu'il soit un bien commun ou détenu en indivision : la protection du logement familial prime sur la nature des droits détenus.

Cette protection ne concerne pas uniquement la propriété du bien immobilier. Elle s'étend également aux droits permettant l'occupation du logement, comme un bail d'habitation, ainsi qu'aux meubles meublants qui garnissent le domicile familial. Concrètement, un époux ne peut pas vendre, donner, hypothéquer ou apporter en société le logement familial sans le consentement de son conjoint.
 

L'absence de consentement du conjoint peut entraîner la nullité de l'acte


Lorsqu'un acte est conclu en violation de l'article 215, alinéa 3 du Code civil, le conjoint qui n'a pas donné son accord peut demander son annulation. Cette action en nullité doit être exercée dans l'année suivant la découverte de l'acte et, en tout état de cause, au plus tard dans l'année suivant la dissolution du mariage.

Les notaires sont ainsi tenus de vérifier si le bien constitue le logement familial et de recueillir l'accord du conjoint lorsque celui-ci est nécessaire.

À noter toutefois que cette protection ne profite qu'aux époux mariés. Les partenaires liés par un PACS et les concubins ne bénéficient pas de ce mécanisme protecteur.
 

Une protection qui cesse avec la dissolution du mariage


La protection du logement familial s'exerce pendant toute la durée du mariage, y compris en cours de procédure de divorce. En revanche, elle prend fin lors de la dissolution de l'union par divorce définitif ou par décès. D'autres mécanismes légaux destinés à protéger le conjoint survivant prennent alors le relais.

Cette règle illustre la volonté du législateur de faire du logement familial un élément essentiel de la solidarité conjugale, en empêchant qu'un époux puisse, seul, priver sa famille de son lieu de vie.

Historique

<< < 1 2 3 4 5 6 7 ... > >>