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Constat d’abandon de chantier : sécuriser ses droits face à l’inertie de l’entrepreneur

Publié le : 12/05/2026 12 mai mai 05 2026

L’arrêt brutal d’un chantier est une situation fréquente et particulièrement préjudiciable pour le maître d’ouvrage.

Lorsque l’entrepreneur, les artisans ou les ouvriers cessent de se présenter sans justification valable, la question de l’abandon de chantier se pose rapidement.

Encore faut-il distinguer cette situation d’un simple retard ou d’une interruption légitime (intempéries, congés, force majeure).

L’abandon se caractérise en effet par une interruption prolongée, injustifiée et sans reprise malgré les relances.

Dans ce contexte, le constat de commissaire de justice constitue un levier essentiel. Il permet d’établir une preuve objective et impartiale de l’état du chantier à un instant donné.

Dressé par un officier public, ce procès-verbal bénéficie d’une forte valeur probante. Concrètement, il s’apparente à une “photographie juridique” de la situation, utile tant dans une phase amiable que contentieuse.
 

Réagir face à l’inertie de l’entreprise


Avant d’y recourir, une démarche progressive est recommandée. Le maître d’ouvrage doit d’abord tenter de contacter l’entreprise, puis, en l’absence de réponse, la mettre en demeure de reprendre les travaux dans un délai déterminé, par lettre recommandée ou par sommation.

Ce n’est qu’en cas d’inertie persistante que le constat d’abandon de chantier prend tout son sens. Il peut d’ailleurs, à lui seul, inciter l’entreprise défaillante à réagir.
 

Mise en œuvre et suites procédurales


Sur le terrain, le commissaire de justice procède à des constatations précises : absence des intervenants, état d’avancement des travaux, ouvrages inachevés, matériel abandonné.

Le procès-verbal peut être enrichi de photographies et s’appuyer sur les documents contractuels (devis, acomptes versés…).

Au-delà de la preuve, ce constat ouvre la voie à plusieurs recours : référé pour contraindre l’entreprise à terminer les travaux sous astreinte ou autorisation de faire intervenir une autre société, voire action au fond pour engager la responsabilité contractuelle et obtenir réparation.

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